18 mai 2017

La fin de l’hémorragie ?

Nous reproduisons ici un article paru dans la revue Démocratie&Socialisme n° 244 d’Avril 2017.

En 2016, le nombre d’ouvertures d’usines en France a compensé très exactement le nombre de fermetures. Si c’est une première pour notre pays depuis 2009 et la publication d’études sur le sujet, la réalité des chiffres est telle qu’il serait aventureux de crier victoire.

L’année dernière s’est en effet achevée sur un parfait équilibre entre ouvertures et fermetures. On a dénombré, durant l’année écoulée, 136 créations de sites industriels pour 136 disparitions.

DOUBLE RECUL

Lilas Demmou, qui a rédigé en 2010 un rapport pour la Direction générale du Trésor sur la « désindustrialisation de la France » entre 1980 et 2007, concluait à un double recul : celui de l’emploi industriel et celui de la contribution du secteur au PIB.


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18 mai 2017

À quoi sert l’identité nationale ?

La lecture du livre de l’historien Gérard Noiriel, À quoi sert l’identité nationale ?, fournit des outils pour comprendre la manière dont la question de l’identité nationale est traitée dans le cadre des élections présidentielles. Dans un précédent article, il a été retracé la genèse de cette notion, de son essor lors de la Révolution française à sa consolidation au cours du XIXe siècle, comme vecteur d’émancipation, mais aussi de contournement de la lutte des classes.

Il s’agit maintenant d’étudier le retour récurrent du thème l’identité national au cours du siècle passé, et tout particulièrement dans sa seconde moitié.

L’ÉTERNEL RETOUR DE L’IDENTITÉ NATIONALE

La Première Guerre mondiale a révélé les dangers du nationalisme. Mais il fallut attendre la fin de la dramatique Seconde Guerre mondiale pour que les discours racistes et notamment antisémites soient massivement discrédités.


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10 mai 2017

À quoi sert l’identité nationale ?

Nous reproduisons la première partie d’un article de la revue Démocratie&Socialisme (n°243 de mars 2017)

Alors que la primaire de la droite a inscrit au cœur du débat présidentiel la question de l’identité nationale, il est utile de relire le livre de l’historien Gérard Noiriel, À quoi sert « l’identité nationale » ?, paru en 2007. Ce livre replace le concept d’identité nationale dans sa perspective historique, depuis son apparition au cours du XIXe siècle jusqu’à ses différents usages au cours des XXe et XXIe siècles en France.

L’identité est généralement caractérisée par une proximité entre individus (mêmeté) et une conscience de soi dans le temps (ipséité). La question de l’identité nationale s’impose dans le cadre de la Révolution française, dont les effets différés essaiment à travers toute l’Europe. Le caractère progressiste de l’émergence des nationalités laissera progressivement place à une vision plus conservatrice au cours du XIXe siècle.


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28 février 2017

De quoi Macron est-il le nom ?

Les prêches d’Emmanuel Macron ressemblent étrangement à ceux des prédicateurs évangéliques : ce qui importe, ce ne sont pas tant les paroles que l’émotion, la musique, le bruit ou encore la lumière. Pour les néo-convertis du « macronisme », qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse du « changement ».

Le sens des sermons d’Emmanuel Macron – comme celui des prêches évangélistes – n’est pas assuré par la clarté de la lettre, mais par la présence du « Saint-Esprit ». À quoi bon définir nettement les axes d’une politique quand il suffit de faire une « démonstration d’envie » de sa candidature ?

Les racines du phénomène Macron

Le phénomène Macron n’est pas un « météore » venu de nulle part : quatre facteurs expliquent son succès actuel.

1.Emmanuel Macron est le candidat des médias dominants

Avant même d’avoir fait une seule proposition,


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28 septembre 2016

Non à la fermeture d’Alstom Belfort !


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15 juin 2016

Retour au XIX e siècle

Nous reproduisons un article de notre camarade Pierre Ruscassie paru dans la revue Démocratie&Socialisme de mai 2016.

Dans son livre La gauche qui vient, Jean-Marie Le Guen présente le projet qu’il partage avec François Hollande. Il y développe sa compréhension des enjeux politiques actuels et y donne sa réponse en défense de l’orientation politique du gouvernement et de François Hollande dont il affirme la candidature en 2017.

Pour justifier cette politique, il est conduit à distinguer les camps en présence dans la lutte politique en France et dans l’Europe d’aujourd’hui. Refusant de reconnaître que l’enjeu de cette lutte est un enjeu de classe qui oppose la gauche à la droite, Jean-Marie Le Guen peint un tableau qui était celui du XIXe siècle, mais qui est périmé depuis la Commune de Paris de 1871.


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8 juin 2016

La victoire électorale de mai 1936

À l’occasion des 80 ans du Front populaire, D&S a tenu à porter un éclairage particulier sur ces trois mois du printemps 1936, à l’issue desquels le sort des salariés français allait si radicalement changer. Cette semaine, nous revenons sur la victoire électorale des partis du Rassemblement populaire et sur la constitution du premier cabinet ministériel à direction socialiste. Cet article est paru dans la revue Démocratie&Socialisme de mai (la première partie a été reproduite dans la lettre électronique de D&S de la semaine dernière).

Au début de l’année 1936, le Rassemblement populaire a manifestement le vent en poupe. Son programme n’a pourtant rien d’exaltant. Mais qu’importe le projet, pourvu qu’on ait l’union ! Avec le pacte d’unité d’action SFIO-PCF, puis le ralliement des radicaux à la dynamique unitaire en juin 1935, il devient enfin possible pour la gauche de gouverner dans la durée.


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30 mai 2016

Des boues moins rouges, mais toujours aussi toxiques (2e partie)

Depuis 1893, l’usine de Gardanne pollue en toute impunité le littoral de la Grande bleue. En décembre dernier, à l’annonce de la reconduction du permis de polluer accordé généreusement au groupe Altéo sur ordre de Valls, le scandale écologique a éclaté au grand jour. La direction de l’entreprise fait tout pour en minimiser l’ampleur. Les pouvoirs publics, eux, s’ingénient à la couvrir, tout en s’efforçant de donner le change aux riverains. Ces derniers ne s’en laissent pas compter et la mobilisation contre les « boues rouges » s’amplifie mois après mois. Nous publions ici le second volet de notre enquête sur cette affaire paru dans la revue Démocratie&Socialisme d’avril (la première partie a été publiée dans la lettre de D&S de la semaine dernière).

Dans la première partie de cette enquête, nous avions laissé Ségolène Royal alors qu’elle demandait que soient réalisées de nouvelles analyses portant sur l’impact environnemental des effluves rouges,


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30 mai 2016

Aux origines du rassemblement

À l’occasion des 80 ans du Front populaire, D&S tient à porter un éclairage particulier sur ces trois mois du printemps 1936, à l’issue desquels le sort des salariés français allait si radicalement changer. Ce mois-ci, nous revenons sur les origines du Front populaire, avant de traiter en mai la victoire électorale de la gauche, puis en juin ce qui fut, jusqu’à Mai 1968, le plus grand mouvement social de l’histoire de notre pays.

Dans les années 1930, la France traverse une crise profonde, qui est évidemment dû à la récession, mais qu’on ne saurait réduire à cette dernière. Début 1934, le fond semble atteint, entre marasme économique, scandales politico-financiers et montée de l’extrême droite. Deux ans plus tard, la gauche unie – au-delà même de ses frontières strictes – et portée par les masses populaires se dirige vers une victoire électorale annoncée.


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24 mai 2016

Valls et Gattaz : une bataille dans un verre d’eau

Le projet de loi El Khomri vise à diminuer brutalement toutes les protections des salariés, à faire sauter les principaux obstacles à leurs licenciements et à permettre, ainsi, leur exploitation accrue. Sous prétexte de faire reculer le chômage, le seul objectif est d’augmenter les profits des entreprises et cela commence à se voir, à une échelle de masse.

Dans un tel contexte, les rémunérations indécentes de plusieurs dirigeants de sociétés du CAC 40 (Carlos Ghosn chez Renault, Carlos Tavares chez PSA, Olivier Brandicourt, de Sanofi ou Paul Hermelin, de Capgemini…) font très mauvais effet. Ces rémunérations indiquent clairement que les sacrifices ne sont pas imposés à tout le monde et qu’au contraire, les sacrifices des uns nourrissent la cupidité sans limite des autres.

François Hollande et Manuel Valls se devaient donc de réagir, de faire beaucoup de bruit ;


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