GAUCHE DÉMOCRATIQUE & SOCIALE

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Contre la suppression des cotisations sociales

Nous reproduisons ici l’intervention  de Gérard Filoche au Bureau national du PS du mardi 10 octobre.

Merci à Guillaume pour son introduction, sur tous ces sujets internationaux et nationaux. Cela me donne envie de dialoguer sur chacun de ces points mais je n’ai pas le temps de le faire.  Je choisirais donc d’abord un point de l’actualité que tu as omis. Je n’étais pas à Paris, mais j’ai bien compris que notre groupe parlementaire avait voté la loi sur l’introduction de l’état d’urgence dans le droit commun… Cela me semble très grave de céder ainsi sur les libertés publiques.  Pourtant au BN d’il y a quinze jours, une camarade nous avait alerté sur ce danger, et quelques interventions avaient indiqué que l’opinion au moins exprimée du BN était « contre ». Olivier Faure était là. Il n’a rien dit, il n’a pas interrogé ni consulté le BN, cela aurait dû être son rôle, surtout s’il voulait ce type de vote. Mais il ne l’a pas fait. Cela pose la question : qui dirige ? J’ai entendu aussi Boris Vallaud ce matin défendre ce vote indéfendable sur France Inter. Où on va ? Notre réunion de BN est fixée le mardi, cela va-t-il faire venir des parlementaires ? Le groupe n’est-il pas subordonné au parti – même s’il s’appelle « Nouvelle gauche » ? Car là c’est tout le groupe qui « fronde » par rapport au parti, mais sur une ligne pas à gauche du tout.

Le deuxième point, c’est la question du budget 2018 alternatif que nous avons défendu. C’est bien de « proposer » : par exemple, il faudrait « proposer » de contrôler les licenciements contre les ordonnances qui facilitent les licenciements, il faudrait « proposer » d’augmenter le Smic, et de baisser les dividendes, je ne cesse de le dire depuis des semaines, si  nous voulons nous reconstruire, il faut « proposer »…  Mais « proposer » un budget d’austérité, un peu moins sévère que celui de Macron, ne me semble pas du tout la bonne voie : car sauf erreur de ma part, il est « proposé » d’atteindre un « déficit » de 2,71 %, soit bien en dessous de 3 %, et ce faisant, c’est une austérité poursuivie, depuis cinq ans.

Je suis contre pareil objectif, je suis pour une relance, car réduire les déficits augmente la dette comme cela s’est passé de 2012 à 2017, et comme Macron l’annonce encore pour 2018. Ce qui permet de réduire la dette, tout le monde le sait et le dit, c’est de dépenser plus, en fait. Comment pouvons-nous appeler à manifester aujourd’hui, une belle manifestation unitaire que ce soit dit au passage, même si hélas, nous n’étions pas assez nombreux de la direction provisoire, comme du BN…  Comment manifester aujourd’hui aux côtés des fonctionnaires, en défendant un « contre-budget » où il n’est pas prévu la moindre augmentation pour les salaires des fonctionnaires, ni pour le fonctionnement des services publics ? N’importe qui, étudiant ce « contre-budget », ses choix et son périmètre, voit bien qu’on n’a pas refusé de tirer le bilan du quinquennat, mais qu’au fond on propose de le poursuivre. Heureusement que les fonctionnaires n’ont pas étudié ce « contre-budget ».

Prenons davantage exemple sur ce qui marche dans la social-démocratie européenne, le Labour de Jeremy Corbyn, et le gouvernement portugais de gauche unie, PSP, PCP, BdG, qui sort concrètement de l’austérité qui avait été imposée par l’UE et la droite, et qui semble bien marcher. Ce qui est fait par un petit pays de 11 millions d’habitants devrait l’être par nous. Le PS a obtenu 38 % des voix dans les élections intermédiaires (ça peut se faire !) de dimanche dernier,  alors qu’il avait été balayé en 2010 après des années de politiques austéritaires de type Hollande, menées par Socrates. Il est revenu au pouvoir dans l’unité de toute la gauche depuis 2015, ça prouve qu’en réduisant moins les déficits que ce qu’exige l’UE (en résistant à ses avis), en réduisant la durée du travail à 35 h, en augmentant le Smic, en recrutant des fonctionnaires, même si ce n’est pas extraordinaire, ça va mieux, le Portugal est présenté comme une exemple de relance. (Rappelons que pendant 40 ans ce pays avait 0 % de déficit et que c’est ainsi qu’il était devenu le pays le plus pauvre d’Europe)

Le troisième point, je voudrais alerter à nouveau comme je le fais avec insistance depuis des mois sur la suppression annoncée des cotisations sociales, chômage et maladie en janvier prochain. Je n’ai jamais eu aucune illusion sur Macron, il n’y avait aucun doute, il suffisait de l’étudier, de le lire, pour comprendre qu’il était l’ennemi de la gauche, des socialistes, des salariés, dés le début j’ai dénoncé Thatcher en lui, mais la suppression des cotisations sociales, est une vraie contre-révolution de plus après la casse du Code du travail : et nous ne nous préparons pas à combattre ça avec toute l’énergie nécessaire.

En janvier, ils sortent les cotisations chômage et maladie du bulletin de paie. Je ne voudrais pas que le groupe parlementaire vote cela sans nous consulter. Je voudrais qu’on fasse une campagne nationale, explicative, en profondeur sur ce point. (Au passage, nos amis de FI défendent sur ce point l’idée dans leur programme « AEC » qu’un « impôt citoyen » devrait financer la protection sociale, et à gauche, il est d’autant plus nécessaire de défendre que ce soit le salaire brut, avec les cotisations payées à la source par le patronat, qui figure sur nos bulletins de paie.

Au passage, bravo d’avoir repris ma proposition de faire une campagne nationale contre la suppression des 150 000 emplois aidés, le plus grand plan antisocial, de chômage du moment. Je suis allé dans des petites communes, Donnemarie-Dontigny, en 77, par exemple, où la suppression de deux emplois aidés, provoque un désastre, mais c’est partout, il faut faire un vrai comité national quadrillant le pays, dénoncer les effets concrets cas par cas de cette sale politique de Macron…

C’est tout, mais juste un mot, faute de temps, à toute vitesse sur la Catalogne, il faut un enthousiasme modéré au moins pour comprendre la force du mouvement social derrière la question nationale. L’Etat espagnol et sa constitution et la politique de Rajoy sont responsables de cela, et il faut dénoncer la répression, et défendre la démocratie et la négociation. Chaque fois que police, armée, et répression tentent d’écraser une question nationale cela la renforce en profondeur pour des décennies, jamais, jamais, jamais cela n’apporte de solution. Il faudrait que notre parti le dise, exige le droit libre à l’autodétermination, et la fin de toute répression.

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