Et revoilà l’austérité…
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Arguments et propositions pour le débat des socialistes

CC-BY-NC-ND Manifestation retraite 23-09-2010 Paris Danièle Hoffman-Rispal Pouria Amirshahi Gérard Filoche photo Philippe Grangeaud /solfé communications

L’effondrement de l’électorat socialiste, les interrogations sur son avenir… nécessitent des échanges, des réflexions collectives. Le quinquennat calamiteux de François Hollande est la cause principale de la situation et la direction du Parti socialiste a été incapable de jouer un rôle à partir du projet adopté à l’unanimité en 2011. Pour préparer l’alternative à Macron, il faut aller au fond de la clarification nécessaire.

Pour participer à ce débat, nous proposons ici une analyse et des propositions à tous les socialistes

Chères et chers camarades socialistes,

Alors que nous avions connu une grande victoire en mai-juin 2012, nous venons de connaître, en avril-juin 2017, un désastre électoral sans précédent dans l’histoire du Parti socialiste.

Ce n’est pas la faute des militants socialistes, ni des électeurs socialistes et pas seulement celle du Parti socialiste lui-même. Ce n’est pas la faute à une majorité des élus (il nous reste 1 000 maires de villes de plus de 10 000 habitants, 41 départements, 6 régions, 15 000 élus, quelques dizaines de milliers d’adhérents, et quelques millions d’électeurs) qui ont fait correctement et courageusement campagne sur le terrain et qui en ont été victimes.

C’est la faute à celles et ceux qui ont été porté.e.s centralement au pouvoir par nos efforts et nos votes en mai-juin 2012. C’est la faute, en premier lieu, aux choix politiques et à l’action du président élu et aux gouvernements qu’il a constitués pendant cinq ans.

Ça pose la question fondamentale de la démocratie.

Ça pose la question de la base sociale du parti socialiste, de savoir pour qui il existe, pour qui il agit et gouverne.

La démocratie, question fondamentale

Dans la Ve République le pouvoir ultra personnalisé a décidément tous les défauts, et a permis à François Hollande et aux siens d’échapper à tout contrôle du parti qui l’avait désigné : ils ont délibérément choisi de trahir les espoirs et les attentes de la base sociale qui était la nôtre.

Il s’était donné mission de lutter contre la finance, et il a servi la finance de bout en bout.

Il s’est même entouré de financiers ultralibéraux (Jean-Pierre Jouyet, Emmanuel Macron…) et il a nommé Premier ministre Manuel Valls, celui qui s’était le plus opposé au « Projet » adopté en 2011 par les socialistes et qui n’avait obtenu que 5 % des voix à la primaire.

François Mitterrand avait dit qu’il fallait « d’abord rassembler les socialistes » François Hollande a d’abord écarté toutes les sensibilités du PS qui n’étaient pas les siennes.

Puis il a écarté les Verts.

Puis toute la gauche et la majorité écrasante des syndicats et de l’opinion au moment de la loi El Khomri.

Puis son bilan était tellement indéfendable qu’il s’est écarté lui-même.

Et celui qui y est allé à sa place a été logiquement battu le 29 janvier 2017 comme lui-même l’aurait été.

En fait il y a même eu double trahison : de 2012 à 2017 François Hollande a trahi nos électeurs et nous-mêmes.

Et après le 29 janvier, Manuel Valls et beaucoup d’autres – mais aussi François Hollande, Bernard Cazeneuve, Stéphane Le Foll, Myriam El Khomri et des milliers d’élus et responsables de l’aile droite – ont trahi le vote des primaires et la désignation, pourtant incontestable, de Benoît Hamon, sabotant sciemment les chances de sa campagne.

Jusqu’au bout ils ont nourri le putsch d’un homme de cabinet, Macron, permettant cette extraordinaire manipulation qui l’a fait élire, puis ils ont pourri les chances, les voix, les soutiens du Parti socialiste et de Benoît Hamon, sans respect pour nos électeurs, pour la primaire, pour le parti.

En cinq ans, le gouvernement Hollande, et là, on le prend dans son entièreté, sa coresponsabilité, a permis aux dividendes des actionnaires d’atteindre des records historiques alors qu’il a bloqué le Smic avec obstination.

En cinq ans, sa politique a produit 1,3 million de chômeurs de plus, toutes catégories confondues, atteignant le record de 6,6 millions. Il a transféré 41 milliards de CICE qui ont été siphonnés par les 1 000 plus grandes entreprises du pays, alors qu’elles n’ont créé aucun emploi, et alors qu’il aurait été possible d’en créer des centaines de milliers dans les services publics qui en ont tant besoin.

En cinq ans il a entrepris de casser un siècle de droits du travail en profondeur à travers les lois Sapin, Macron, El Khomri. Il a repoussé encore l’âge de la retraite d’une année effective de cotisations.

Il a augmenté la TVA, ce qu’il avait reproché à la droite. Il a fait débattre la société sur le thème d’extrême droite de la déchéance de nationalité et d’un état d’urgence permanent.

On pourrait énumérer une liste où se creusent les inégalités, se détériorent nos hôpitaux, nos transports publics, où n’ont eu lieu ni la réforme bancaire et la réforme fiscale annoncées, ni même la taxe Tobin.

Si « la France va mieux », c’est celle des riches.

Si des « chiffres sont au vert », ce sont ceux du capitalisme.

Même l’amnistie syndicale qui avait été promise, et ne coûtait rien, sauf déplaire au Medef, a été interrompue par le Président alors que notre majorité sénatoriale l’avait déjà votée : le diable est dans les détails, et là non plus il n’y a pas eu d’équilibre, tout est allé aux possédants rien aux dominés.

Nous socialistes, avec trois millions de sympathisants, avions désigné François Hollande, en 2011, après un long débat sur les orientations qui devaient constituer notre « Projet ».

Être un grand parti ouvert et pluraliste, débattre collectivement, et à fond, des axes de la politique que nous voulons voir mise en œuvre, adopter un projet le plus précis possible, choisir « le » puis « les » candidats, c’est la base de la démocratie et de toute action politique.

Respecter ce qui a été décidé ainsi, appliquer ce que veulent les électeurs, agir en concertation permanente avec la majorité élue, et effectuer réellement les changements promis, c’est la base de toute vie politique institutionnelle sincère. Les groupes parlementaires sont soumis statutairement, politiquement, juridiquement au parti, pas l’inverse.

Rien de cela n’a été respecté par François Hollande et ses gouvernements. On peut prendre point par point : il a globalement fait le contraire de ce pourquoi il avait été élu, de ce pourquoi dix millions de nos électeurs avaient voté.

Au fur et à mesure qu’ils s’en apercevaient, le ressentaient, nos électeurs, puis nos militants nous ont quittés, et le Parti socialiste a été discrédité.

En cinq ans, il y a d’abord eu de l’attente, puis des inquiétudes, de l’impatience, de la déception, puis des amertumes, des exigences, des colères, et enfin une opposition. Puis un rejet massif, parfois de l’écœurement, de la haine, ont frappé notre Parti socialiste jusqu’à ce désastre final du 23 avril et du 18 juin 2017.

C’est la gauche socialiste, MLG, D&S, nous, puis ceux qui ont été appelés « les frondeurs » qui ont essayé de résister à toute cette dérive. Nous en avions la totale légitimité politique. Nous n’étions que 13,7 % au congrès de Toulouse et 30 % du parti à celui de Poitiers. Mais même la majorité du parti à Poitiers votait pour la « reconstruction de la hiérarchie des normes » au travail… et la loi El Khomri piétinait ce vote sept mois après.

Nous avons essayé de sauver à temps, pédagogiquement, puis plus fermement, le quinquennat, la gauche, le parti.  S’il y a un reproche à nous faire, c’est de n’avoir pas été assez vite, assez loin et assez fort, ensemble, jusqu’au bout pour imposer une alternative tout au long de ces cinq ans.

Une autre politique était possible si le Parti socialiste avait résisté sur un socle solide. Nous n’aurions pas tout perdu.

En mai juin 2012, nous avions tout : pour la gauche, c’était un pouvoir sans précédent, historique, la présidence, la majorité absolue à l’Assemblée, au Sénat (pour la 1e fois depuis 200 ans), deux villes sur trois, vingt régions sur vingt-deux, soixante et un départements sur cent. Un élan populaire sans précédent avait chassé la droite.

Notre peuple avait tout donné à la gauche, comme jamais. Et en cinq ans, nous avons tout perdu, en sept élections : les municipales, les européennes, les sénatoriales, les départementales, les régionales, les présidentielles, les législatives.

C’est décisif de souligner cela : parce qu’on ne peut pas repartir de zéro, faire comme si de rien n’était, compter sur l’oubli, car les électeurs se sont sentis trahis, spoliés, piétinés. Ils s’en souviendront longtemps. D’ailleurs, ils nous ont tous mis dans le même sac à l’arrivée, il était impossible de résister à la marée. Ceux qui ont été appelés « les frondeurs » aux côtés de la gauche socialiste, ont payé le prix des limites de leur combat : ils essayaient de défendre « en idées » le PS de gauche, mais ils ont été emportés à cause du « réel » de la politique de l’aile droite.

Quand le PS recule, toute la gauche recule, avec cette fois une « correction » légère de cette logique puisque PCF et FI ont pu quand même gagner quelques députés.

D’où le séisme contre les institutions, la montée de l’extrême droite, la chute des partis traditionnels, 32 % à l’extrême droite, l’abstention massive jusqu’à 58 % de non-participation, et encore des millions de vote nuls ou blancs.

La sanction électorale est si profonde que pour relever le Parti socialiste, et la gauche, et le pays, il faut mettre à jour, balayer, tirer le bilan de tout ce qui s’est passé dans ce maudit quinquennat. Nul ne peut nous redonner du crédit, de l’écoute, de l’appui si nous ne le faisons pas.

Cela veut dire restaurer la démocratie dans le parti du socialisme : que le pouvoir revienne aux militants, aux adhérents, et que les responsables et les élus soient sous leur contrôle.

Que les sections fonctionnent mensuellement, régulièrement, débattent, soient consultées, votent, et que votent ceux qui y participent, pas des adhérents fantômes ni les seuls obligés. On se bat pour des idées, pour le salariat, le clientélisme n’est pas le but.

Qu’une direction soit inclusive, et sans exclusive, collégiale, et puis qu’un congrès scrupuleusement démocratique redresse la barre.  Il faudrait prendre le temps de discuter, mais pas trop longtemps, car les combats vont aller vite contre les ordonnances anti-travail et les décisions fiscales anti-protection sociale, anti-salaire brut.

La gauche ne peut pas être organisée à l’ancienne, par un parti vertical, plébiscitaire et centraliste, avec une seule fonction tribunicienne. C’est impossible. La démocratie, cela fait partie du programme.

C’est à cette condition et à celle de revenir aux fondamentaux du socialisme qu’on peut reconstruire un parti de masse.

Revenir aux fondamentaux : le socialisme une idée neuve

On ne peut retenir l’analyse que tout cela a été imposé par les nécessités, par les contingences de la mondialisation ou de l’Europe, parce que c’est faux. Les arguments du genre : « On ne pouvait pas faire autrement » sont faux ! Archi-faux ! On pouvait faire autrement.

L’action politique, ce n’est pas se plier à l’existant mais modifier l’existant.

D’ailleurs, le chômage en France est davantage dû au patronat français qu’à la mondialisation ou à l’Europe. Trop faciles, les excuses internationales !  Des mesures françaises permettraient de le faire reculer en masse, avec l’arrêt des travailleurs détachés, avec le contrôle des heures supplémentaires, avec la baisse de la durée du travail, avec la redistribution des dividendes. C’était à la portée d’un gouvernement de gauche s’il avait voulu être de gauche.

La France n’a jamais été aussi riche et les richesses aussi mal redistribuées. Il existe 600 milliards d’avoirs français dans les paradis fiscaux, 80 milliards de fraude fiscale ; les 58 multinationales « optimisent » 100 milliards au Luxembourg (Luxleaks), les 500 familles les plus riches possèdent 450 milliards, la France a le record d’Europe du nombre de milliardaires, 1% des Français possèdent près de 50 % du patrimoine du pays… Rien ne nous obligeait à imposer rigueur et austérité, ni la réduction des déficits, ni la « dette » présumée.

Car la réduction des déficits pouvait provenir d’une relance et non pas du resserrement des coûts. Car la « dette » présumée ne vient pas de la hausse des dépenses publiques mais de la baisse des recettes fiscales : si nous avions gardé ou retrouvé le taux d’imposition de Lionel Jospin de 1999, la France n’aurait ni dette ni déficit. Notre budget social est en équilibre, trop d’ailleurs, car il serait logique qu’il ne le soit pas avec 6,6 millions de chômeurs (de toute façon il ne génère que 10 % de la dette présumée). Notre budget collectivités territoriales pouvait être moteur et non pas drastiquement compressé (il ne génère que 11,5 % de la dette présumée). En fait 78, 5 % de la « dette » présumée provient du budget de l’État parce manque de recettes, et notamment de recettes sur les impôts des 1000 entreprises qui produisent 50 % du PIB.

Nous aurions pu, avec une réforme fiscale et bancaire, avoir un tout autre quinquennat : nous, D&S, l’avons dit pas à pas, pédagogiquement, puis de plus en plus fort. Il était possible de relancer l’économie et l’emploi, par la pression d’un État volontaire, au lieu de s’en remettre aux banques et multinationales.

Mais François Hollande, Manuel Valls, Myriam El Khomri et derrière eux Jean-Pierre Jouyet et Emmanuel Macron, avec tous leurs ministres suivistes se sont entêtés jusqu’au bout et ont préféré casser le droit du travail plutôt que freiner les exigences de la grande finance.

On a vu lorsque Jeremy Corbyn la réorienté à gauche, le Labour Party a amélioré les chances de gagner et que le parti est revenu à 600 000 adhérents.

On voit qu’au Portugal un gouvernement d’alliance PSP, PCP et bloc de gauche semble réussir politiquement et économiquement : l’unité de la gauche, la relance, ça peut marcher.

Revenir à notre base sociale : PS, parti du salariat, 93 % des actifs

Le problème n’est en effet pas, de « l’espace politique » des socialistes, il est :

« Qui sommes-nous, qui défendons nous, pourquoi et comment » ?

Nous sommes ou voulons être le parti du salariat,

De ceux qui produisent les richesses et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent,

Le parti de ceux qui n’ont que leur force de travail à vendre,

Le parti de ceux qui sont exploités, opprimés,

Le parti qui veut redistribuer les richesses.

Parce que l’égalité formelle et réelle aide au développement des civilisations, des économies, des collectivités et des individualités, à l’émancipation de l’humanité.

Et c’est notre idéal. On se bat pour le réaliser. Le socialisme est devant nous.

Ce qui compte, c’est la base sociale que nous représentons et défendons, et c’est le salariat. C’est 93 % des actifs. 93 % !

L’immense majorité productive de notre peuple (et les jeunes sont des salariés en formation, les chômeurs des salariés temporairement privés d’emploi, et les retraités vivent directement grâce aux salaires).

Faites bien attention à cela :

Car il n’y a que 7 % d’indépendants, artisans, commerçants, rentiers, startupers, VTC, auto-entrepreneurs, petits, moyens et grands patrons, affairistes, lobbyistes,…  et pourtant ils sont les héros de Macron, les « sans statuts ».

Macron, le président « jupiterien », c’est Uber, l’anti-salariat, l’anti-socialiste, c’est un libertarien autoritaire ; l’ultra-libéralisme va avec la poigne de fer, le tonnerre au service des seuls dieux menaçant les exploités précaires en bas.

Or ces idées et milieux-là ont  exercé d’énormes pressions sur les sommets de notre parti, et nous ont détournés de notre électorat massif, les salariés. Nous avons couru avec Terra Nova et Cie, après une chimère minoritaire, une vision fictive des prétendus couches moyennes supérieures, et perdu notre base réelle :

Or 50 % des salariés gagnent moins de 1700 euros,

98 % d’entre eux sont en-dessous de 3200 euros,

9 millions sont en-dessous de 900 euros,

C’est à eux que les socialistes doivent s’adresser, notre camp est le salariat et il est majoritaire, revenons à cette base sociale et à ses aspirations :

Que les salaires augmentent et que les dividendes baissent,

Que les inégalités se réduisent,

Qu’il n’y ait pas de revenus supérieurs à 20 fois le Smic,

Que le Code du travail respecte la civilisation, la dignité des femmes et des hommes au travail.

Ce sont les entreprises qui doivent s’adapter aux droits du travail et pas l’inverse.

Le PS, parti de la redistribution des richesses, d’abord :

La conclusion c’est qu’il ne peut pas y avoir d’hésitation, il faut évidemment voter contre la confiance à Macron.

Il ne peut pas y avoir d’abstention, on ne peut pas être entre deux chaises, on ne peut pas repartir d’un mauvais pied. Vous imaginez : si pour les cinq ans qui viennent on commence en donnant l’impression qu’on ne sait pas comment se situer, on est foutus. Aucune chance de restaurer notre image, de continuer à travailler ensemble. Et ceux qui ne le veulent pas, qu’ils fassent un autre parti explicitement libéral, dommage, mais que ce soit clair.

On ne peut pas être Macron et socialiste,

C’est incompatible,

On ne peut pas cautionner les ordonnances anti-travail,

On doit lutter contre la suppression de l’ISF, et pour un revenu maximal à 20 fois le smic,

On ne peut accepter la fin de 1200 000 fonctionnaires alors qu’il en manque tant,

Le CICE permanent et élargi, c’est non,

On ne peut accepter la fin du salaire brut.

Sinon, jamais nous ne nous reconstruirons utilement pour le salariat.

Il faut le dire :

On veut la hausse du Smic, oui ou non ?

On veut favoriser les salaires et baisser les dividendes (record historique) oui ou non ?

On veut contrôler les licenciements et pas les faciliter, oui ou non ?

Notre République doit contrôler les 1000 entreprises qui produisent 50 % du PIB, et on ne se soumet pas à elles. On veut remplacer la dictature invisible du marché, par la main visible de la démocratie.

Une plateforme pour toute la gauche :

Il n’est pas si difficile que cela d’écrire un nouveau programme qui corresponde aux plus anciennes, plus profondes et plus légitimes de nos traditions socialistes,  et qui fasse l’unité de toute la gauche  :

Des sous ! Des salaires !

1. Priorité à la feuille de paie par la hausse du Smic  à  1800 brut,  la hausse immédiate de 10 % des points d’indice du bas de l’échelle de la Fonction publique, des minima sociaux, des allocations handicapés, des petites retraites, du revenu universel pour les jeunes de 18 à 25 ans, de l’allocation dépendance, comme branche de la Sécurité sociale, et création d’un salaire maxima à 20 fois le Smic.

Du travail et de l’emploi pour tous

2. Abrogation de la loi El Khomri et reconstruction d’un droit du travail d’ordre public social, basé sur le principe de faveur, où la loi l’emporte sur le contrat.

Toute activité de travail dépend du Code du travail et des droits sociaux qui sont liés (non à l’ubérisation),

réduction progressive et massive du temps de travail (semaine à 32 h ) sur la semaine et sur la vie (retraite à 60 ans),

Rétablissement du contrôle administratif des licenciements abusifs,

quotas (5% ) limitant la précarité (CDD, CDII, intérim, saisonniers…) ,

renforcement des institutions représentatives du personnel, CE, DP, CHSCT, DS, participation des salariés aux CA, droit syndical,

retour aux conventions collectives négociées par branches,

renforcement de l’économie sociale et solidaire, de la justice prud’homale, de l’inspection du travail (doublement des effectifs et indépendance), de la médecine du travail (et scolaire), élections aux caisses de Sécurité sociale, reconnaissance du burn-out,

et meilleure reconnaissance et réparation des maladies professionnelles, régulation de la sous-traitance, amélioration et respect du statut de la Fonction publique, grand service public de formation professionnelle continue.

Gratuité de la santé pour tous

3. Protection sociale renforcée pour toutes et tous, payée par le capital avec le salaire, priorités aux politiques de prévention, médecine scolaire et du travail, hôpitaux, maison de santé, maisons de retraite, autour de LA grande mutuelle, la sécurité sociale (fin du RSI), fin du millefeuille des complémentaires, prévoyances, etc., remboursement des médicaments, des lunettes et de la dentisterie.

Développement de la pratique d’activités physiques et sportives (équipements/ facilitation), amélioration de la qualité des soins, maintien à domicile, aux aidants, allocation dépendance suffisante, places d’accueil handicapés, procréation médicalement assistée, soins palliatifs et droit à mourir dans la dignité.

Éducation prioritaire et vive la culture

4. Service public de la petite enfance, congé paternité des 6 semaines,

droit aux allocations familiales dès le premier enfant, et ensuite calculées par enfant,

scolarisation pour les handicapés,

école obligatoire dès 3 ans,  maximum de 25 élèves par classe, mixité sociale et scolaire, et groupes ad hoc pour les « décrocheurs », formation continue des enseignants, plus 40 000 enseignants en cinq ans, priorité budgétaire à l’enseignement supérieur et à la recherche,  favoriser la mobilité internationale,

service public national de la formation professionnelle continue,

effort public pour la culture à 1% du PIB,  arts à l’école, statut de l’artiste,

De l’impôt direct et progressif : D’abord pour ceux d’en-haut

5. Réforme fiscale en profondeur : faire sauter le verrou de Bercy, traquer massivement la fraude fiscale, contre les paradis fiscaux et l’optimisation fiscale, augmenter l’IS des 58 multinationales et des 1000 plus grosses sociétés, conforter l’ISF, mettre en place 20 tranches d’impôt, taxes sur les dividendes, fiscalité directe et progressive, diminuer la TVA, fiscalité plus verte.

Contrôle, transparence et taxation des banques et de la rente

6. Réforme bancaire en profondeur, séparation des banques de dépôts et d’affaires, taxe dite Tobin, taxe bancaire, taxe sur les dividendes, audit public de la dette, et renégociation de celle-ci, la BCE doit pouvoir prêter directement aux États,  BPI puissante.

Réorientation économique par la demande, pour nos besoins

7. Réforme budgétaire : budget participatif, chiffrage des dépenses/recettes globales,

  1. développement massif des services publics, de l’énergie, l’eau, l’air, des transports, de l’école, de la santé, de la justice, de la police de proximité, des éducateurs, des soins aux personnes, maisons de service publics.
  2. investissements 100 milliards dans la transition écologique, numérique, la recherche…
  3. défense et reprise y compris par nationalisations de nos grandes industries 50 % aux marchés publics
  4. Contrôles des grandes entreprises par la puissance publique, les salariés, les usagers
  5. 150 000 logements sociaux, encadrement des loyers, garantie universelle pour les loyers, bouclier énergétique, plan de renouvellement urbain dans les quartiers populaires
  6. priorité et maillage du réseau ferroviaire public,

très haut débit partout,

fonds d’égalité pour les Outremer

Le choix d’une planification pour une économie verte

8. Soutien planifié à la transition énergétique, sortie du nucléaire en 25 ans et énergies renouvelables et durables avec programmation, agenda pour des investissements soutenus à la défense des mesures de la COP 21, de la biodiversité, de l’environnement, contre la pollution, les particules fines, les pesticides, les perturbateurs endocriniens, sobriété énergétique – économie « bleue » de la mer – haut débit numérique – économie du loisir, de la culture.

Préservation des biens communs, conférence des territoires, protection du maillage des départements, des communes et des élus, défense notamment de nos petits et moyens agriculteurs, conditions de travail, droits sociaux, dans le cadre d’une PAC prévoyant la régulation des marches et des risques. Pour le respect du bien-être animal.

Sécurité, libertés et justice vont de pair

9. Pour la sécurité enquêteurs et éducateurs, renforcement des moyens de la police (5 000 postes, zones de sécurité prioritaires), récépissés de contrôles d’identité,  légalisation du cannabis.

Justice, fin de tout statut d’exception, peines alternatives, prévention de la récidive, actions de groupe, spécificité de la justice des mineurs (pas de pénal sans droit), contre toutes les discriminations raciales, ethniques, homophobes, sexistes (IVG, planning familial, contre les violences faites aux femmes, égalité salariale imposée, partage face aux métiers, parité en politique). Accessibilité pour les handicapés, maisons départementales pour les handicapés

Loi sur la presse contre les concentrations, statut des journalistes et des sources, respect pour lanceurs d’alerte, service public audiovisuel réellement pluraliste. Souveraineté garantie, budget et moyens, pour nos forces armées en défense de notre territoire.

En avant vers la VIe République,

10. Pour une République sociale, démocratique, parlementaire, écologique, féministe, laïque, internationaliste et pacifiste

La laïcité respectueuse et bienveillante selon la loi 1905, 49.3 citoyen, reconnaissance du vote blanc, droit de vote aux étrangers, élections à la proportionnelle, conférence pour une VI° République, élection d’une Constituante avant la fin du quinquennat, contrôle des conflits d’intérêts,  non-cumul des mandats y compris dans le temps, pas d’élus sans casier vierge, transparence totale dans les revenus des élus.

L’Europe sera sociale ou périra

11. Défense acharnée de l’Europe des peuples contre les nationalismes, les xénophobies, les replis identitaires, combat contre l’UE libérale actuelle et ses terribles dégâts sans fin, dénonciation et renégociation de la directive travailleurs détachés, et aussi de celle contre le secret des affaires, bataille contre les choix austéritaires, aller le plus loin possible dans le Plan A de changement sous menace de plan B de rupture (car de toute façon l’UE est fragilisée et menacée dans son existence).

Aller le plus loin possible dans le rassemblement de forces, de majorités pour démocratiser l’Europe, s’opposer aux diktats de la finance et des banques, reconstruire une Europe harmonisée par le haut sur le plan social et fiscal. Traité de démocratisation de la zone euro, vers un Smic européen contre le dumping social, pour le juste échange, le droit du travail constitutif du droit de la concurrence, coopération européenne dans la défense et la lutte contre le terrorisme.

Monde multipolaire et pacifique

12. Pour un monde multipolaire, contre tout impérialisme et néo-colonialisme, soutien à la bataille de l’ONU pour le recul de la fabrication et des ventes d’armes, pour le désarmement généralisé, pour les coopérations internationales, mondiales et régionales, contre les interventions militaires d’ingérence, pas de loi du talion, pour le respect de l’égalité des droits entre les peuples, reconnaissance de l’État palestinien.

L’unité de la gauche, encore, comme toujours, plus que jamais :

Alors, oui, retravaillons ensemble, reconstruisons, soyons unanimes pour combattre la majorité présidentielle et tout ce qu’elle charrie de dangereusement anti-social. Le Macronisme, ce n’est pas le centre, c’est la droite, c’est bien Macron qui a dit à la BBC, que « les Britanniques ont eu la chance d’avoir Margaret Thatcher » ?

Nous voulons plutôt la chance de travailler comme Jeremy Corbyn, et, en nous réorientant à gauche, de renouer tous les liens si précieux avec toutes les forces de gauche PCF, FI, EELV, sans exclusive. Travaillons à un intergroupe parlementaire avec les autres forces de gauche. Bataillons pour que la gauche unie et démocratique renaisse, s’impose et gagne sur une plateforme commune en douze points comme celle résumée ci-dessus.

La gauche, c’est un maillage pluriel, des alliances plurielles appuyées sur des syndicats, des associations, des territoires, des quartiers, des villes, des entreprises, des bureaux, des écoles, des universités… Restons et travaillons ensemble, si nous sommes tous démocrates et socialistes. Et renouons avec toute la gauche, tous ses partis, tous ses syndicats, tous ses courants. Il faut appeler  Mélenchon et s’il refuse, être unitaires pour deux jusqu’à ce qu’il l’entende et l’accepte, car à un moment, ça deviendra forcément une demande majoritaire du salariat.

Multiplions les rencontres ouvertes, sincères, les débats, des assises, tenons un congrès socialiste, puis mettons en place une coordination permanente de toute la gauche, sans exclusive, soutenons les luttes sociales, renouons avec le salariat et le socialisme redeviendra une idée neuve, l’égalité, la fraternité, la liberté aussi.

Gérard Filoche
Gérard Filoche
Militant politique et syndical, Bureau National du PS, Inspecteur du travail.