GAUCHE DÉMOCRATIQUE & SOCIALE

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Et revoilà l’austérité...

Que retenir du discours du Premier ministre au-delà des effets d’annonces disparates ? Une ligne directrice, toujours la même, imperturbable, malgré son désaveu permanent : l’acharnement dans l’austérité. Coupes dans les dépenses publiques, réduction du nombre de fonctionnaire, en tête. La moitié de la demande est soutenue par la dépense publique, mais l’obsession du gouvernement reste la réduction du déficit en dessous de 3 % d’ici 2017. Entendez par là faire des « économies » budgétaires, autrement dit moins de services publics, moins de prestations sociales, moins d’investissements. Comme si l’État n’avait que des dépenses et non pas aussi des recettes. Nous le savons, le dernier audit citoyen de la dette publique l’a démontré : au total, 59 % de l’actuelle dette publique proviennent des cadeaux fiscaux aux plus aisés et des taux d’intérêt excessifs de la finance. Mais il n’est pas question de toucher à ces hauts revenus qui ont permis l’élection de Macron, au contraire une réforme de l’ISF permettra une réduction d’impôt de 2,3 milliards au bénéfice des plus riches des plus riches.

La politique budgétaire du gouvernement ne peut que contracter un peu plus la demande et la diminution du nombre de fonctionnaires aggraver le chômage de masse. Affligeante inconséquence ? Non, un programme libéral maîtrisé au service des puissants intérêts privés qui n’ont de cesse de combattre l’État social. Les services publics, la Sécurité sociale (une fois et demie le budget de l’État), les associations subventionnées… sont autant d’institutions qui maintiennent hors du secteur marchand bon nombre de services indispensables à nos concitoyens. Et ça, c’est un intolérable manque à gagner pour nos magnats de la finance. Il faut finir d’essorer le salariat, en lui proposant des complémentaires et des assurances privées, tandis que les laissés pour compte auront la prime d’activité, le RSA et la CMU, par « solidarité ». Le modèle français et sa couverture sociale sont dans le collimateur depuis longtemps, héritage du Conseil national de la résistance qui avait mis le capitalisme sous tutelle après-guerre, et permis la prospérité sociale des Trente Glorieuses. Depuis, les écarts des salaires ont explosé et les 10 % les plus riches ont multiplié par 12 leur fortune en 20 ans. Mais l'indécence n’effraie pas la cupidité et Macron est l’instrument jupitérien d’une guerre de classe qui ne dit pas son nom.

Subordonner davantage les salariés

Réduire donc le périmètre de l’État en limitant ses marges de manœuvre, mais aussi détruire le Code du travail qui protège les salariés dans l'entreprise, et tempère les ardeurs patronales en matière d'arbitraire et de déflation salariale. La subordination du salarié sera réaffirmée sous le maquillage hypocrite et recuit d’une amélioration du « dialogue social ». Entre le salariat et le patronat, il n’y a qu’une lutte séculaire pour l’extraction des dividendes ou l’augmentation des salaires. Le reste n’est que littérature macronienne sur la responsabilité individuelle des partenaires sociaux, qui n’ont jamais été que des adversaires dans la conquête du pouvoir sur l’outil de production.

Bref, finir d’étrangler l’État social ; amputer la Sécurité sociale de ses cotisations salariales au profit d’une fiscalisation injuste par la CSG (en sera-t-il ainsi de la suppression du Régime social des indépendants (RSI) pour l’adosser au régime général de la Sécurité sociale ?) ; faciliter (encore plus) les licenciements, moins pour le licenciement en lui-même qui n’a jamais été un problème, mais pour accroître un rapport de force en faveur de l’employeur dont le versement des indemnités sera plafonné même en cas de procédure abusive… Autant de raisons de n’accorder aucune confiance à ce gouvernement.

Face à la guerre que Macron s’apprête à déclarer, la révolte pourrait bien se faire entendre prochainement parmi les salariés. Nous avons donc la responsabilité politique de préparer une issue, un débouché politique à cette éventuelle révolte. C’est la motivation des appels répétés à l’ensemble de la gauche opposée à Macron et sa politique. Il y a urgence à se rassembler au travers d’une offre politique nouvelle.

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