GAUCHE DÉMOCRATIQUE & SOCIALE

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Tirer toutes les leçons d’un échec

Aller discuter sur les marchés, frapper aux portes alors que l’on sait les déceptions qu’a entraînées la politique gouvernementale n’a pas été toujours facile pour les militants socialistes. L’interruption pendant une dizaine de jours, du fait des attentats, n’a pourtant pas fait retomber la mobilisation militante qui a été forte entre les deux tours. Malheureusement cela n’a pas suffi. La gauche a perdu les élections régionales, le fait de garder 5 régions ne doit pas cacher cet échec. Une gauche absente dans deux régions, un premier ministre appelant à voter pour un candidat de droite dans trois régions, une unité de la gauche incomplète d’une région à l’autre, des électeurs de gauche utilisant à contrecœur un bulletin de vote de droite pour faire barrage au Front National. Tout ceci est un terrible échec. Il faut en tirer toutes les leçons.

Partout, nous avons constaté un électorat FN en progression et un électorat de droite très mobilisé. A contrario, l’électorat qui a fait la victoire de François Hollande s’est beaucoup moins senti concerné. Certes, le total des voix de gauche la mettait en tête dans 10 régions au premier tour, les électeurs, qui sont clairement et consciemment de gauche, sont venus voter notamment au deuxième tour, y compris beaucoup de celles et ceux qui déclaraient encore il y a peu ne plus jamais voter pour le PS. Les reports de voix à gauche se sont plutôt bien réalisés. En revanche, nous n’avons pas réussi (et ce dans tout le pays) à susciter une mobilisation plus importante, nous n’avons pas réussi à convaincre celles et ceux qui, déçus par l’action gouvernementale depuis 2012, ont pris du recul vis-à-vis des partis politiques. C’est bien là l’échec de toute la gauche qui ne suscite plus suffisamment l’adhésion populaire. Compter sur le sursaut pour s’opposer au FN ne suffit pas. Oui, il faut en tirer toutes les leçons.

Ce n’est visiblement pas ce que fait Manuel Valls qui n’entend rien changer dans l’orientation économique de son gouvernement. Il persiste à défendre l’idée que le clivage dans notre pays n’est plus vraiment entre la droite et la gauche, mais entre ceux qui défendent la République et ses valeurs face à l’extrême droite. Nous combattons cette vision qui pousse à une alliance entre la gauche et la droite dite « modérée » (Raffarin, NKM, Bayrou,…). Oui il faut défendre la République contre le FN. Mais aussi contre cette droite LR qui reprend ses thèmes et menace nos droits sociaux. L’objectif socialiste reste bien la République sociale. Le clivage droite-gauche, c’est la question sociale, c'est-à-dire en premier lieu la question de la répartition des richesses, la question de la répartition entre le capital et le travail. Cela doit évidemment s’illustrer en propositions concrètes : une vraie réforme fiscale, car c’est bien l’impôt républicain progressif qui doit être le premier mode de redistribution. La gauche au gouvernement ne l’a toujours pas faite. Autre proposition, c’est bien sûr la hausse des salaires. Ne jamais oublier que la moitié des salariés de ce pays gagne moins de 1750 euros nets par mois (salaire médian.) Et le gouvernement vient, malheureusement une fois de plus, de ne pas donner de « coup de pouce » au SMIC ! Visiblement, aucune vraie leçon n’est tirée du score FN aux régionales ! Et quand le premier secrétaire du PS vient déclarer « cela ne peut plus continuer comme cela » , et propose de « combattre la précarité pour assécher le FN » , même ses propos sont balayés en haut.

Si rien ne change, la gauche ne sera pas présente au deuxième tour des présidentielles en 2017. Car là, pas de triangulaire possible. Alors que faire ? Débattre d’une plateforme commune de la gauche et organiser des primaires de toute la gauche pour désigner un candidat unique de la gauche. Il y a urgence, urgence politique et sociale.

Le dirigeant du SPD, Sigmar Gabriel, a raison quand il accuse la chancelière Angela Merkel, d'avoir dicté une politique d'austérité à la France, entraînant le renforcement du Front National. Le FN a non seulement préempté la question nationale, mais aussi la question sociale. La gauche française doit de toute urgence réoccuper le terrain social, ce qui signifie changer le gouvernement pour la dernière ligne droite, tourner résolument le dos aux orientations social-libérales de Manuel Valls et d’Emmanuel Macron.

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