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GAUCHE DÉMOCRATIQUE & SOCIALE

À Gauche

Où va la gauche ? Que faire à gauche ?

La gauche tangue. Entre volonté d’exister, d’affirmer une identité et recherche d’unité ou de recomposition, le balancier oscille en permanence. Avec le risque de retarder l’issue nécessaire : celle d’une alternative majoritaire face à l’extrême droite et au néo-libéralisme qui se nourrissent mutuellement. Cet article est à retrouver dans le numéro d'octobre de Démocratie&Socialisme.

Être de gauche, c’est d’abord affirmer une préférence à titre individuel. C’est déclaratif. Mais pour dessiner une perspective politique, cela ne suffit pas. Il faut s’attacher à la nature des mouvements, courants, partis. C’est le programme, l’histoire, le lien avec le syndicalisme et le mouvement social qui permettent de définir celles et ceux qui sont de gauche.

À l’aune de ces critères, on peut dire qu’EELV, Ensemble, France insoumise, Génération.s, GDS, Lutte Ouvrière, le MRC, le NPA, le PCF, le POI, le PS, République et Socialisme et de nombreux groupes sont de gauche.

Retour sur la question du PS

À partir du seul programme, et du dernier quinquennat, difficile de considérer que le PS est de gauche quand il soutient les politiques néo-libérales, impose la loi El Khomri etc … Comment dès lors ne pas avoir un doute lorsqu’une fois dans l’opposition il reprend un discours qu’il a trahi dans les actes alors qu’il détenait les principaux leviers du pouvoir ? Ce qui est certain, c’est que nombre de militants socialistes restent de gauche, souhaitent l’union à gauche, s’engagent dans des associations ou syndicats, etc. Issu de l’histoire du mouvement ouvrier, le Parti socialiste a couvé Macron et Valls. Il s’est effondré en 2017 ouvrant la voie au même Macron qui mène une politique de droite et s’appuie sur un mouvement clairement de droite. Cet effondrement est un événement majeur après quarante années d’hégémonie à gauche. Croyant retrouver une identité, ses dirigeants ont réduit singulièrement les possibilités d’expression démocratique en son sein. Pour les européennes, ils insistent sur l’identité préférant ainsi la division à la recherche d’une majorité à gauche pour être devant Macron.

Nous devons poursuivre le débat avec les militants et militantes socialistes, et proposer des cadres d’action communs. Mais la question n’est plus de « reconstruire la vieille maison ».

Nous sommes entrés dans une nouvelle période. Le stalinisme s’est effondré et la social-démocratie en s’alignant sur la défense de la mondialisation financière a trahi les espoirs du monde du travail. Deux pages d’histoire se sont tournées.

Unifier par l’action commune

C’est d’une nouvelle représentation politique dont le salariat a besoin.

Face à la dispersion des forces de gauche, on peut comprendre tout à la fois que des militants considèrent encore le PS comme un des outils, ou que d’autres ne jurent que par la France insoumise, aujourd’hui première force électorale à gauche. Ou que d’autres encore pensent que Génération.s ou EELV sonnent le renouveau.

Mais ces dernières semaines, ce qui est notable, c’est l’aspiration à l’unité qui monte dans le « peuple de gauche » et dans toutes les organisations et mouvements. Macron est affaibli, finira-t-il dans l’oubli comme le fringant Matteo Renzi ? Le problème – chacun et chacune à gauche en est conscient –, c’est que l’échec de Renzi n’a pas ouvert la voie à la gauche, mais à l’extrême droite. La dispersion de la gauche française, si elle perdure, signera sa défaite.

C’est pourquoi nous appelons toute la gauche à se mettre autour d’une table, sans plus tarder, pour discuter des approches différentes, des convergences, des possibilités d’action en commun.

Une maison commune de la gauche, voilà qui serait une avancée et un progrès pour préparer une nouvelle représentation politique. Force est pourtant de constater que les organisations réellement à gauche – du point de vue de leur seul programme – semblent timorées sur une telle perspective pour le moment.

La France insoumise prépare sa liste aux européennes. Elle sera élargie à des personnalités venant de la gauche du PS et du MRC, avec un discours teinté de plus en plus de souverainisme. Le Parti communiste français se démène dans des débats internes à la veille de son congrès extraordinaire de novembre quand bien même il appelle à l’unité aux européennes.

Génération.s cherche à se construire et à exister. En maintenant un équilibre précaire entre la recherche d’une liste écologique (dont manifestement une majorité de EELV ne veut pas) et un discours sur la nécessité de l’unité à gauche, le mouvement de Benoît Hamon apparaît sans réel projet, sinon celui d’exister. Et son programme ne parle pas au salariat sur les questions sociales ou très peu. Le revenu universel ne peut être un projet structurant.

En revanche, Ensemble!, ainsi que République et Socialisme, – deux anciennes composantes du Front de Gauche – restent attachées à la recherche d’un front unitaire à gauche. Tout comme le réseau de la Gauche démocratique et sociale.

Un réseau utile

Nous avons constitué la Gauche démocratique et sociale (GDS) avec Gérard Filoche dès février 2017 en mettant en avant une affirmation : « Sans unité, rien de grand n’est possible ! ». GDS est un réseau, qui accepte la double appartenance. Nous voulons contribuer, comme réseau, à recomposer la gauche, à l’unifier autour de quelques axes programmatiques communs. C’est le sens de notre proposition d’un comité de liaison de toute la gauche. C’est aussi le sens de notre volonté de parvenir à une liste unique de la gauche aux Européennes. Bien entendu, la question du programme compte, mais nous ne faisons pas de la question des traités (que nous avons toujours combattus) une question préalable. Bien entendu, un gouvernement de gauche en France devrait désobéir à des injonctions de l’Union européenne et renégocier les traités. Mais dire, en se présentant aux européennes de mai 2019, qu’on ne peut rien faire avec les traités existants n’est pas « raisonnable ». Car à quoi bon voter pour une liste affirmant péremptoirement que rien n’est possible ?

Dans ce paysage morcelé, nous appelons à la mise en place de cadres ouverts au plan national comme local avec toutes les forces qui sont prêtes à organiser des campagnes communes, à mettre en place des formations politiques communes, etc. Il n’y a pas de forme pré-établie à ces propositions, mais une volonté d’avancer.

La contribution écrite avec nos camarades de République et Socialisme illustre une partie de cette démarche. Cette démarche ne vise pas explicitement des rapprochements en termes de fusion mais elle peut contribuer au travail en commun et lever les obstacles de forme et de fond. En ce sens nous voulons tirer régulièrement les bilans de l’activité et des débats engagés avec les uns comme avec les autres. Après République et Socialisme, nous avons rencontré Ensemble! Et nous allons continuer sur ce chemin, avec toutes celles et tous ceux qui le souhaitent.

 

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