GAUCHE DÉMOCRATIQUE & SOCIALE

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Intervention de Gérard Filoche au BN du PS du 11 septembre

Oui : Macron, c‘est Thatcher, je l’ai dit ici dès le printemps, je l’ai écrit en vous prévenant à temps, Rien à voir avec le « centre », ni la « gauche » :  il fallait le lire et le décrypter, il est sur le plan économique et social à droite de la droite. Y compris de Fillon. Ceux, ex-socialistes, il n’y en plus ici, qui se sont mis de la boue dans les yeux, nous ont trahi, ont rompu avec la gauche, avec nos valeurs, avec nos électeurs, en ayant de la complaisance idéologique pour ce personnage (sans doute à cause de sa place dans le quinquennat précédent, ceux qui ont saboté la campagne de notre candidat, ceux qui ont eu de l’indulgence pour ce Macron ont eu bien tort, et sont grandement coupables.

Lorsque sur une revue de presse, hier, je vois à la fois Macron confirmer que nous sommes des « fainéants, cyniques et extrémistes » et notre candidate aux sénatoriales, et « porte-parole » (sic) de la direction dite collégiale et provisoire, Frédérique Espagnac qui « déclare qu’elle souhaite à Macron de réussir ». On ressent un grave malaise. L’élection n’est pas une excuse ! On ne peut accepter cela. De même qu’Olivier Faure ne devrait pas parler de Benoit Hamon comme « supplétif de la CGT » Si on veut l’unité et l’unité syndicale ce n’est pas approprié.

Macron repose sur une tête d’épingle, en matière de forces sociales, c’est la pointe de la finance, de la banque, du Medef du CAC 40, les 95% de médias des 9 grands milliardaires, mais socialement il n’est rien, ni à droite, ni à gauche. Il n’a pas de maillage territorial, de soutien structuré ni implanté. Il a eu 13 % de votes d’adhésions éphémères, puis des votes par défaut contre Fillon et Le Pen, et avec 58 % d’abstentions à la fin.  Nos électeurs sont allés majoritairement, et par souci du « vote utile » à gauche vers Mélenchon, mais aussi à l’abstention dès le premier tour,  La partie qui  est allée chez Macron au premier tour doit s’en mordre les doigts.

Son parti « En marche » est bidon : ce n’est pas un relai, mais un ramassis de vendeurs de tupperware, d’arrivistes ignorants, en désordre et sans foi ni loi ! « En Marche » a voté des statuts le 16 août à 30 % de votants et ces statuts sont les pires possibles, sans démocratie, sans débats, tout par le haut, rien que par le haut ; ça vide définitivement ces « marcheurs » de toute consistance. L’exemple type de ce qu’il ne faut pas faire, un fonctionnement vide de sens social et militant, des statuts sans débats, pire pour empêcher le débat, imposer le suivisme césariste.

Macron ne le sait pas mais il compte dans les « riens », un rien historique, un rien pour nos concitoyens, un rien pour le salariat. C’est un trader, homme de cabinet, de putsch et de coups, et il le laisse régulièrement paraître dans ses propos déraisonnables et agressifs. Ce qu’un président ne devrait pas dire !  Il est pire que Sarkozy et Hollande, il n’est là que comme un avatar ultime du libéralisme voulant aller jusqu’au bout de la destruction de la protection sociale, voulant satisfaire le patronat français rapace qui rêve de faire Thatcher et Reagan depuis trente ans !

Macron s’y emploie donc ! Mais attention, c’est à contre-temps et va a contrario de la société française telle qu’elle est, et c’est explosif ! 

Il faut avec plus de force que ne le fait le PS dénoncer le personnage et ses œuvres, la semaine dernière, il ressortait de notre discussion, longue, que nous appelions à manifester le 12 septembre, c’était clair et  majoritaire, mais ça ne s’est pas retrouvé dans le communique écrit et publié ensuite : on y trouve des phrases alambiquées, qui, je le dis fermement,  desservent notre parti. On ne peut pas faire rire la France entière de cette façon en paraissant appeler sans appeler, soutenir sans soutenir, mobiliser sans mobiliser. On est dans l’opposition, Macron nous mène la guerre, nous lui menons la guerre !

Il y a un fossé entre sa politique et le pays. Les ordonnances sont pires que tout ce qu’on croyait. Bien sûr, je n’y reviens pas, les gens écoutent et comprennent peu à peu leur danger pour eux. Je l’ai expérimenté à Nantes avec un meeting de 330 personnes, mardi dernier.

Le pire est à venir, et ce sera la fin des cotisations sociales comme Macron veut l’annoncer, c’est à dire la mort complète du système de protection sociale en place depuis 1945, payée par les employeurs à la source sur nos feuilles de paie. Il supprime l’assurance chômage (après, hélas, que Hollande a supprimé les allocations familiales) il supprime l’assurance maladie, il va supprimer les retraites, et ce qui ne sera plus payé par les patrons à la source, le sera par nous par l’impôt.

C’est un hold-up, un transfert massif de 450 milliards,  le mélange des budgets jusque-là séparés de l’impôt et des cotisations « pré-affectées ». Le budget de la protection sociale ne génère que 10 % de la « dette » présumée du pays, alors que le budget de l’État en génère 78,5 %. Quand Macron va avoir mélangé cela, notre protection sociale, notre modèle social, seront détruits. Ce sera la plus formidable baisse de salaire brut de l’histoire : il va donner 20 euros de plus sur le net et retirer 250 euros sur le brut, c’est le rêve à 1000 % du Medef.  Il serait temps que le PS dénonce et combatte cela  AVEC VIGUEUR !

Deux points annexes :

1°) Il a échoué sur la question cruciale des « travailleurs détachés », et nous avons tort de ne pas le dire. C’était prévisible vu que qu’il frimait, et que ce qu’il demandait ne tenait pas debout : des CDD… sur 2 ans. C’est une question qui va devenir chaude. Elle explosera, car les patrons français se goinfrent en faisant venir 450 000 salariés moins chers que les travailleurs français. Il faut réclamer la dénonciation unilatérale de cette directive maudite, discriminatoire !

2°)  Pourquoi avons-nous laissé passer sans réagir la question de la fraude de PSA et de Tavares (à moins que celui-ci ne finance notre local ? rires ). On se dit « écolo » et on n’attaque pas là-dessus ? PSA a triché comme Volkswagen et risque 5 milliards d’amende. Ils ont calculé comment frauder cyniquement, malhonnêtement, honteusement les contrôles publics sur la pollution des tuyaux d’échappement. Comme Fiat Chrysler ? Et Renault ?  On sait que les « particules fines », ça fait 48 000 morts, et ça ne fait pas plus de scandale ? Tavares, qui se paie 600 smic, n’est même pas en garde à vue ? Et Hulot plastronne au JT de France 2 sur le plateau en direct à propos des Antilles, mais s’en va, juste avant le point sur PSA et la pollution ?  On est opposants, on s’oppose et on se bat, et on appelle la gauche à l’unité, contre pareil scandale !

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