GAUCHE DÉMOCRATIQUE & SOCIALE

Écologie

Après la Convention climat, urgence et vigilance !

La Convention citoyenne pour le climat s’est conclue dans l’enthousiasme de ses membres pour avoir participé à une prise de conscience de l’urgence climatique à transmettre : la Terre peut exister sans nous, mais nous ne pouvons pas vivre sans elle.

« Les températures supérieures à 50°C à l’ombre, qui vont devenir plus fréquentes, seront mortelles dans certaines régions du monde où l’air saturé en humidité interdit toute évaporation de la sueur. Nous ne sommes pas uniquement devant le choix d’une politique économique pour faire face à une crise économique, sociale et environnementale. Le réchauffement et le dérèglement climatiques menacent la survie de l’humanité. C 'est une question de vie ou de mort ! ».

Mais la prise de conscience n’était pas seulement écologiste elle était aussi démocratique  : les 150 conventionnels ont  découvert que "formation" pouvait rimer avec "manipulation". Le Comité de gouvernance de la Convention, qui seul décide de tout, avait pour mission  de retenir les seules propositions acceptables par le président de la République et s’est employé à marginaliser les autres. Il a en partie échoué.

Les propositions votées par les 150 participants à la Convention citoyenne pour le climat sont pour la plupart des mesures que l’on retrouve dans le débat public ou dans les publications sur le changement climatique depuis plusieurs années. Pour autant, elles sont ambitieuses et montrent la prise de conscience grandissante des citoyens sur la gravité de la situation, sur l’urgence climatique et le respect de la biodiversité. Il y a tout de même quelques mesures moins connues sur la production de plastiques biodégradables et l’opposition à l’artificialisation croissante des sols. que provoque l’étalement urbain.

La réduction du temps de travail à 28 heures par semaine a été rejetée parce qu’elle n’était pas proposée comme moyen de faire reculer le chômage de masse, mais comme réponse à une réduction de la consommation qui était jugée nécessaire. C’est d’ailleurs pourquoi sa présentation l’avait accompagnée d’une baisse des salaires « sauf des bas salaires ». J’ai mis en avant que l’augmentation permanente de la productivité du travail a permis au patronat de se gaver durant 10 ans mais que, au bout de ces dix ans, il était temps que le capital rende au travail au moins une partie de ce qu’il s’était attribué. Alors que que proposer 28 heures (au lieu de 32 heures par exemple) avait un caractère maximaliste qui la desservait, la proposition a tout de même été votée par 35% des participants.

La question du financement  des propositions est importante. La Convention citoyenne a été mise sur pied après la révolte des gilets jaunes contre la hausse de la taxe carbone. Cette  taxe a été peu discutée tout au long de la Convention. Elle est malheureusement ressortie, sous la forme d’un « moratoire sur l’évolution de la taxe carbone pendant 5 ans, le temps que les ménages soient informés  de l’urgence climatique ». Que ce point fasse l’objet d’un vote séparé, qui aurait permis de s’opposer à la hausse générale de cette taxation de la consommation, a été refusé. Le droit élémentaire à la dissociation d’une partie du texte a été bafoué, toute honte bue, par la gouvernance de la Convention. Ceci m’a obligé à voter contre le financement, puis contre le rapport final.

 Heureusement d’autres mesures sont plus claires comme d’augmenter le taux d’imposition des dividendes versés aux actionnaires  le renforcement de la taxation des transactions financières, l’augmentation de la taxe sur les Gafa, une nouvelle tranche d’imposition sur les hauts revenus, la création d’une taxe sur les profits des banques réalisés sur les projets d’investissement néfastes pour le climat (à hauteur de 40 % des profits réalisés), l’utilisation de la création monétaire de la BCE pour financer la transition climatique, au service des citoyens…Des baisses de taxes sur la consommation (TVA) sont elles aussi préconisées.

Tout le monde a en tête que le Grenelle de l’environnement convoqué par Nicolas Sarkozy en 2007 avait suscité beaucoup d’espoirs, puis beaucoup de déceptions, les mesures envisagées étant pour beaucoup restées lettre morte. Nous avons conscience que Macron peut être tenté de faire le tri dans les meures adoptées par la Convention, et mettre en œuvre celles qui attaquent le moins les profits. Quant au référendum, la Convention le demande sur deux points limités (modification du préambule et de l’article 1 de la Constitution actant la lutte contre le dérèglement climatique comme un objectif de la République) et sur la reconnaissance du crime d'écocide. Le reste dépend de la politique gouvernementale et de mesures législatives.

Notre camarade Pierre Ruscassie est un des 150 membres tirés au sort de la Convention citoyenne pour le climat.

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